2. HISTORIQUE

avertissement : certains renseignements ou citations qui suivent sont quelquefois tirés de sites qui sont indiqués tout au long du texte; bien évidemment, il ne s'agit pas de les reprendre à mon compte, mais au contraire de donner envie au lecteur d'en savoir plus en allant les visiter.

une courte histoire de l'harmonium
la maison ALEXANDRE
l'harmonium 55053

 

une courte histoire de l'harmonium (source wikipedia )

 

L’harmonium est un instrument de musique à clavier et à soufflerie (le musicien qui en joue est un harmoniumiste). Les germes de l'harmonium se trouvent dans l'instrument à anches libres inventé en France par Grenié au début du XIXe siècle, (des tuyaux d'orgue à anches libres sur une soufflerie régulée à pression variable. En effet, contrairement aux anches battantes de l'orgue à tuyaux, les anches libres, vibrant de part et d'autre de leur cadre, peuvent supporter une amplitude vibratoire variable et être expressives (du pianississimo au fortississimo) sans voir une modification de leur accord. De nombreux instruments perfectionnèrent ce principe. On peut citer la Physharmonika de Hæckel ou encore le Poïkilorgue de Cavaillé-Coll. L’harmonium, dérivé de l'orgue-expressif de Grenié fut inventé en Europe par le français Alexandre-François Debain (1809-1877) qui le fit breveter en 1842. Jakob Alexandre (1804-1876) et son fils Edouard (1824-1888) avec Victor Mustel mèneront l'instrument, qu'ils appellent orgue-mélodium, orgue celesta, kunstharmonium, harmonium-celesta à son point de perfection. Victor Mustel y ajoute un célesta au deuxième clavier.


extrait de: Louis RAFFY méthode d'orgue 1ère partie

S'apparentant à l'orgue avec le principe des registres de différentes sonorités, dans sa forme la plus répandue il comprend un clavier et la réserve d'air est alimentée par une pompe à pied : l’air généralement soufflé (dans les modèles français), parfois aspiré (dans les instruments de facture allemande, américaine et anglaise), fait vibrer des anches libres (même principe que l'harmonica et l'accordéon). Lorsque le mode expressif est activé, le réservoir est mis hors service ; le musicien peut alors produire des nuances fort différentes en modulant son pompage d'air, la difficulté principale résidant dans l'alimentation régulière du sommier. Principaux types d’harmonium : instrument d'un clavier (souvent avec transpositeur pour les instruments d'église) disposant de plusieurs registres (ou demi registres) de 16, 8 et 4 pieds ; la soufflerie est actionnée par une paire de pédales que l'instrumentiste doit activer ; le clavier est coupé en basses et dessus entre mi 3 et fa 3 ; plus rare, instrument à un ou deux claviers (quelques rares modèles à trois claviers) et pédalier d'orgue ; l'instrument posséde alors un ventilateur pour alimenter le soufflet ; instrument portatif qui dispose d’une pompe manuelle à soufflet (très proche de l'accordéon) appelé « Harmoniflûte ». Contrairement à l'orgue, on ne trouve généralement ni mutation, ni mixture.

La disposition « classique » de l'harmonium français soufflant est à quatre jeux et demi :

Basses :

F : Forte (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3 et 4)
4 : Basson 8'
3 : Clairon 4'
2 : Bourdon 16'
1 : Cor anglais 8'

Expression Grand-jeu (genouillère ; appelle les n° 1, 2, 3 et 4)

Dessus :

1 : Flûte 8'
2 : Clarinette 16'
3 : Fifre 4'
4 : Hautbois 8'
5 : Musette 16'
VC : Voix céleste 16' (ajoute un rang ondulant au n°2 ou au n°1)
T : Trémolo, système mécano-pneumatique qui fait trembler le dessus du n° 2
F : Forte (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3, 4 et 5)


extrait de: Louis RAFFY méthode d'orgue 1ère partie

On trouve encore d'autres registres de combinaisons selon les facteurs qui n'ont pas manqué d'imagination (Violoncelle dans la basse, Voix humaine dans le dessus, jeux de saxophone, baruphone, écho céleste, chœur angélique...) ainsi que de multiples inventions (parfois plus anecdotiques et commerciales que réellement musicales) destinées à multiplier encore les possibilités musicales (« mains doublées » d'Alexandre : accouplements d'octaves gravues et aiguës ; « Médiophones » : colonne de résonance au-dessus des sommiers, « Harmoniphrase » : système d'accompagnement automatique du plain-chant chez Dumont-Lelièvre...).

L'harmonium d'art mis au point par Mustel présente de nombreux enrichissements : Basses : Prol : Prolongement (système qui garde les notes jouées sur la première octave) Mét : Métaphone (ouvre un espace de résonance au-dessus des anches et modifie leur sonorité) F : Forte fixe (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3 et 4) 0 : Forte expressif (forte pneumatique, qui s'ouvre et se ferme en fonction de la pression dans les pompes) 6 : Contrebasse 16' (appelle le n° 2 sur la première octave uniquement) 5 : Harpe éolienne 2' (deux rangs ondulants) 4 : Basson 8' 3 : Clairon 4' 2 : Bourdon 16' 1P : Percussion et cor anglais 8' (de petits marteaux frappent les anches dès qu'on effleure les touches) 1 : Cor anglais 8' Prolongement (talonnière) Expression Double-expression (dispositif mécano-pneumatique qui fait varier la pression entre basse et dessus, commandé par genouillères) Grand-jeu (talonnière ; appelle les n° 1, 2, 3 et 4) Dessus : 1 : Flûte 8' 1P : Percussion et flûte 8' 2 : Clarinette 16' 3 : Fifre 4' 4 : Hautbois 8' 5 : Musette 16' 6 ou VC : Voix céleste 16' (deux rangs ondulants) 7 : Baryton 32' 8 : Harpe éolienne 8' 0 : Forte expressif F : Forte fixe (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3, 4 et 5) Mét : métaphone Certains « Orgues-Mustel » présentent un second clavier avec Célesta, accouplable au premier par un mécanisme de balanciers

 

HISTOIRE DE LA MAISON ALEXANDRE

Jacob Alexandre : Paris (1804-1876) Edouard Alexandre : Paris (1824-1888)

les renseignements ci-après sont extraits du site très documenté http://www.harmonium.fr/ page "documentation", puis "Alexandre"


1829 : Jacob Alexandre fonde sa première entreprise, en tant que facteur d’accordéons et d’harmonicas : adresse : 6 rue Transnonain à Paris
1840 : 38 rue de Montmorency à Paris
1843 : installation au 10 boulevard Bonne-Nouvelle à Paris. On parle pour la première fois de Mélodium
1845 : accord avec l’Abbé Clergeau pour l’utilisation du clavier transpositeur
1846 : accord financier avec Alexandre Martin de Provins (ou de Sourdun) pour l’utilisation de la percussion (brevet 1841)
1849 : Médaille d’argent pour leur Orgue-Mélodium (exposition des produits de l’agriculture et de l’industrie à Paris)
1850 : installation au 39 rue de Meslay à Paris - ouverture de la fabrique de la rue Pierre Levée au n°9
1853 : construction du piano-harmonium de Liszt dit Piano-Liszt
1855 : Médaille d’honneur à l’Exposition Universelle. L’Orgue à Cent Francs est présent à cette exposition
1860 : ouverture de l’importante fabrique d’Ivry sur Seine - Edouard est fait Chevalier de la Légion d’Honneur


la fabrique d'IVRY sur Seine

1868 : Première faillite
1872 : nouvelle adresse : 106 rue de Richelieu à Paris
1877 : Deuxième faillite 1884 : Edmond Sèches, 62 rue Lafayette, co-directeur de la nouvelle société avec Edouard
1889 : nouvelle médaille d’or à l’Exposition Universelle
1907 : Reprise de l’affaire par les frères Fortin, rue Saulnier et rue Chaptal à Paris, puis Chaussée du port à Reims.
1955 : Arrêt de la fabrication des harmoniums

 

l'harmonium 55 053

L'instrument a été acheté en 1983 dans une brocante du Crès près de Montpellier en 1983 (Troc 34), il provenait d'une communauté religieuse.
En assez bon état, quoique très empoussiéré, il apparut au démontage que le meuble avait été "désassemblé" de manière assez brutale, et remonté au moyen de vis, sans que l'aspect extérieur en soit modifé; ce qui peut apparaître maintenant comme un sacrilège, a en fait facilité les déménagements successifs, et c'est ce qui l'a sans doute sauvé de l'abandon. C'est également ce qui a permis un traitement en profondeur contre le ver à bois, qui avait proliféré dans toutes les pièces de bois tendre, à l'exception de la partie musicale (table des registres, sommier). Rendons grâce à ce parasite d'avoir su respecter la partie essentielle! Il ne manquait que trois anches, mais le jeu de flûte-cor anglais était assez désaccordé dans l'octave centrale du clavier, qui correspond d'ailleurs à la partie la plus jaunie du clavier, ce qui fait penser que les anches les plus utilisées ont tendance à se désaccorder (malgré la publicité d'Alexandre...) sans doute par fatigue du métal, ou de l'encrassement progressif. On constate d'ailleurs qu'en transposant le clavier d'un demi-ton vers le haut ou le bas, il est beaucoup plus juste, du moins dans les tonalités comme do majeur, ré mineur, sol majeur...Loin d'être "ronflant", il a une sonorité fine et claire, surtout pour les jeux les plus brillants 3-4-6.

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photo de 1998 : petite mise en scène! ...............................................................................................................cliquez pour agrandir

 


état de l'époque: les pompes et le réservoir piqués par les vers

 

sa composition correspond au n°12 du catalogue publié en 1898 (http://www.harmonium.fr/) :

 
au centre : expression E
 
registres coté gauche :
registres coté droit :
1
cor anglais et percussion
8
1
flûte et percussion
8
2
bourdon
16
2
clarinette
16
3
clairon
4
3
fifre
4
4
basson
8
4
hautbois
8
5
voix humaine (5+1)
8
5
voix céleste (5+1)
8
6
2ème bourdon
16
6
musette
16
F
forte basses (3-4-6)
F
forte dessus (3-4-6)
S
sourdine (cor anglais 1)
T
trémolo (clarinette 2)
sous le clavier :genouillère de grand jeu


Portant le numéro 55 053, il se situerait dans le second tiers environ de la production qui a compté aux alentours de 130000 instruments...
différentes signatures retrouvées à l'intérieur du meuble au cours du démontage permettent de dater sa fabrication vers 1867; en effet, sur le forum harmonium.forumactif.net, on trouve les références suivantes:

<<... l'instrument qui porte le N°40037 date des environs de 1865....>> << ...J'ai un Alexandre numéro 60449 daté de 1868...>>

l' année 1867 est donc tout à fait plausible! les indications de date ci-dessous restent toutefois difficile à lire...

 

.
sur un pied: "Van Gilsec" ou "Van Gildec"?


table des registres: "B" 10 Juillet et difficilement lisible 18?7


sommier compartiment du cor anglais: "B" 22 Janvier 67 ou 69 ?

 


la plaque sous verre au-dessus du clavier

 

...
sur le flanc de la table des registres ............................. la gravure de très belle qualité

 

Après un bon nettoyage et un premier traitement, il a été joué régulièrement pendant près de vingt années...

En 2002, après divers déménagements, par manque de place, et souhaitant lui trouver un cadre qui lui conviendrait mieux, j'ai proposé au Père Michel Bousquet de le placer dans l'église Saint-Georges de Saint-Juéry (Tarn). Il accepta bien volontiers, et m'aida même à le transporter et à le remonter.
On trouvera des photos de cette période sur la page consacrée à l'église Saint-Georges. Il fut utilisé assez régulièrement au début, souvent par des organistes de passage, lors de cérémonies (mariages, obsèques) .

Mais progressivement, l'essentiel de l'activité du culte fut tranférée à la chapelle Notre-Dame, située plus près du centre du village. L'église Saint-Georges désormais rarement ouverte pour quelques cérémonies seulement, et le manque d'organiste, firent que son utilisation devint de plus en plus épisodique; par ailleurs, l'atmosphère très humide du lieu, (aggravée par quelques fuites dans la toiture qui abiment les peintures des voûtes), ont conduit à une dégradation progressive, et qui risquait de devenir rapidement définitive.

C'est pourquoi, j'ai demandé aux successeurs du Père Bousquet, décédé en 2009, de pouvoir le reprendre afin de le remettre en état, ce qu'ils ont accepté, et je les en remercie. Vous trouverez dans les pages qui suivent, la description du démontage, des quelques travaux, et du remontage (certainement provisoire, car il reste beaucoup à faire sur la partie musicale...) ainsi que quelques échantillons sonores sans prétention. Mon but actuel n'est pas de "restaurer" complètement cet instrument, ce qui serait un travail de professionnel, mais simplement de le préserver, et de pouvoir l'utiliser, dans l'attente du jour où une vraie restauration sera possible puisque, à part le meuble, dont on verra la description plus loin, la partie musicale (mis à part quelques anches ) est intacte et semble d'origine.

L'instrument vient d'être vendu à un facteur d'orgues allemand, qui m'a assuré vouloir poursuivre la restauration dans les règles de l'art (Août 2011)

 

 

 

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